L’accès à l’eau potable est un droit pour tous. Pourtant, 780 millions de personnes dans le monde n’ont actuellement toujours pas accès à des sources d’approvisionnement en eau potable. Les femmes sont les plus durement touchées par ce problème : leur quotidien mais aussi leur place au sein de la société sont dépendants de l’accès à cette ressource vitale.

oÔ_news Dans les pays en voie de développement, marcher plusieurs kilomètres chaque jour pour s’approvisionner en eau à la source la plus proche constitue le quotidien de millions de femmes. En effet, l’approvisionnement en eau pour subvenir aux besoins de toute la famille (boire, se laver, cuisiner, etc.), est une tâche qui, dans nombre de sociétés, incombe généralement aux femmes et aux filles. Mais la corvée de l’eau, une tâche rude et fatigante, n’est pas la seule conséquence néfaste du manque d’accès à l’eau potable sur la vie des femmes. En effet, la corvée de l’eau elle-même a des répercussions négatives : en dominant très souvent l’organisation d’une journée, elle laisse aux femmes peu de temps et d’énergie à consacrer à d’autres activités. Privées d’un approvisionnement de proximité en eau potable, nombre d’entre elles ne peuvent donc consacrer du temps à un travail qui leur offrirait un revenu et leur permettrait d’acquérir une indépendance certaine. Quant aux filles, aussi fréquemment obligées d’effectuer cette tâche, elles sont scolarisées de manière irrégulière ou ne le sont pas du tout. Le manque d’accès à l’eau potable a donc aussi de graves conséquences sur l’éducation des filles : elles ne peuvent pas développer leurs connaissances ni leurs capacités et leurs perspectives d’avenir sont alors très limitées. Sans éducation, elles peuvent en effet difficilement espérer trouver un travail qui leur permettrait d’avoir un revenu et d’être donc économiquement productive. De plus, sans instruction de base, elles n’ont pas la possibilité de participer à la vie politique au niveau local, régional ou national. Les femmes dans les pays en voie de développement sont souvent sous-représentées au sein des instances politiques décisionnelles.

A ces faits, vient s’ajouter un autre aspect du quotidien sur lequel l’absence de structures d’assainissement d’eau a un impact négatif : la santé. Au quotidien, malgré les quantités restreintes d’eau dont elles disposent, les femmes doivent assurer le maintien d’une certaine hygiène au sein de leur famille et doivent veiller à conserver au mieux l’eau qu’elles stockent. Les problèmes de santé qu’engendre la mauvaise qualité de l’eau empêchent fréquemment les enfants de se rendre à l’école – dans le cas où ils sont scolarisés-. L’installation de oo_news02 structures d’assainissement d’eau a sur cet aspect un impact positif : elle permet de diminuer le taux de maladies d’origine hydrique et donc de réduire les dépenses ainsi que le temps consacré par les femmes pour soigner leur famille. Un accès facilité à l’eau rend la tâche de la corvée de l’eau d’autant moins pénible pour les femmes que leur santé s’en trouve améliorée. De plus, le temps gagné peut être consacré à d’autres activités (économiques, éducatives, …). De plus, l’éducation joue dans ce cas-ci un rôle également important : l’adoption de comportements adéquats en matière d’hygiène est fortement liée au niveau d’instruction des femmes. En effet, puisque ce sont les femmes qui s’occupent des enfants, de leur santé et de l’utilisation de l’eau au quotidien, plus elles sont instruites, plus elles sont susceptibles d’adopter des comportements hygiéniques pour elles et leurs enfants à long terme. Avoir accès à l’eau potable permet entre autres de réduire le nombre de maladies contractées en consommant de l’eau insalubre mais aussi de diminuer le taux de mortalité infantile, très élevé dans les régions dépourvues de structures d’assainissement et de distribution d’eau.

A ce problème de l’accès à l’eau potable, s’ajoute celui des installations sanitaires. Dans le monde, on estime que sur les 2,5 milliards de personnes n’ayant pas accès à des installations sanitaires de base,  1,3 milliards sont des femmes. Nombre d’entre elles sont alors contraintes au quotidien de se lever à l’aube pour aller uriner et déféquer en pleine nature : cela n’est pas sans risque, puisque cette pratique expose les femmes et les filles aux agressions sexuelles. L’absence d’installations sanitaires adéquates au sein des écoles constitue également un frein supplémentaire à la scolarisation des filles, en raison des mêmes risques d’agressions mais aussi parce qu’il est fréquent qu’elles n’aillent pas en classe lorsqu’elles ont leurs règles.

oo_news En conclusion, comme on peut le constater, donner accès à l’eau potable par l’installation de structures d’approvisionnement (tels que les puits, les pompes, etc.), c’est améliorer le quotidien et la condition des femmes en contribuant à l’acquisition de leur indépendance et en leur offrant des perspectives d’avenir. C’est aussi améliorer les conditions de santé et réduire le nombre de décès dus aux maladies d’origine hydrique. Parvenir à un accès à l’eau potable universel aurait des conséquences positives sur la santé de millions d’êtres humains, mais contribuerait également à un changement radical de la place de la femme au sein de nombreuses sociétés à travers le monde.

Sources : http://www.un.org, http://www.aquafed.org, mai 2013

A voir…

• Le film de Radu Mihaileanu, « La source des femmes » (2011), qui aborde ces thèmes de l’accès à l’eau potable et de la condition des femmes. L’histoire se déroule dans le cadre d’un village en Afrique du Nord, où les femmes sont obligées d’aller chercher de l’eau chaque jour à la source la plus proche, jusqu’au jour où elles décident de faire la grève de l’amour…