Droit humain
|
Dans les pays développés, l'eau potable est une évidence: il suffit de se rendre à l'évier et de tourner le robinet. Et pourtant, elle n'est pas illimitée. Depuis le milieu des années 1970, la demande en eau dans le monde a doublé. On l'utilise pour l'industrie, l'agriculture, l'alimentation, l'hygiène et le confort d'êtres humains dont le nombre ne cesse de croître.
C'est pourquoi la pression sur ce bien rare mais indispensable augmente constamment. Et pourtant, la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée le 10 décembre 1948 par l'Assemblée générale des Nations-Unies, dit que toute personne a droit à la vie (article 3) et à un niveau de vie suffisante pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille (article 25).
Depuis la conférence internationale de l'eau à Dublin en 1992, la communauté internationale continue cependant à refuser (institutionnellement) de reconnaître l'accès à l'eau comme un droit, c'est-à-dire comme un droit universel, impartageable et inviolable. Mais l'eau est la base irremplaçable de toute vie sur terre, et c'est pourquoi l'accès à l'eau doit être formellement reconnu comme un droit humain. Fin 2002, à l'ONU, un conseil d'experts le formulait ainsi: |
|
 |
 |
|
«L'eau est une ressource naturelle limitée et un bien public; elle est essentielle à la vie et à la santé. Le droit à l'eau est indispensable pour mener une vie digne. Il est une condition préalable à la réalisation des autres droits de l'Homme. Le droit à l'eau consiste en un approvisionnement suffisant, physiquement accessible et à un coût abordable, d'une eau saine et de qualité acceptable pour les usages personnels et domestiques de chacun. Une quantité adéquate d'eau saine est nécessaire pour prévenir la mortalité due à la déshydratation et pour réduire le risque de transmission de maladies d'origine hydrique ainsi que pour la consommation, la cuisine et l'hygiène personnelle et domestique. […] L'eau devrait être considérée comme un bien social et culturel et non essentiellement comme un bien économique. Le droit à l'eau doit aussi être exercé dans des conditions de durabilité, afin que les générations actuelles et futures puissent en bénéficier».
[ONU, 2002, Conseil Economique et Social, Comité des Droits Economiques, Sociaux et Culturels, Le droit à l'eau (Articles 11 et 12 du Pacte International Relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels), Observation Générale No 15 (2002) E/C.12/2002/11].
Au Forum Mondial de l'Eau au Mexique, en mars 2006, “Le droit à l'eau pour chacun” n'était pas incorporé dans le communiqué final des ministres. Ceci est dû, d'une part à l'attitude négative et convaincue des Etats-Unis, et d'autre part à quelques pays en voie de développement qui ne désirent pas que les services d'approvisionnement en eau soient une obligation légale dans leur pays, parce qu'ils ne peuvent de toute façon pas les réaliser en pratique à cause du manque de moyens (par exemple l'Afrique du Sud). Mais l'esprit général du Forum Mondial de l'Eau soutenait malgré tout que “l'eau est un droit pour chacun”. Cette fois-ci, même les acteurs de l'eau du secteur privé l'ont déclaré. Source: PROTOS, Belgique
Les Nations Unies ont publié le troisième rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau réalisé dans le cadre du Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau, publié le 16 mars 2009 sous l'intitulé "Water in a changing world". Ce rapport est le résultat d'un effort coordonné et conjoint des 26 agences et entités des Nations Unies constituant la plateforme « ONU-Eau » en partenariat avec des gouvernements, des agences internationales, des organisations non gouvernementales et autres parties prenantes. Un tel document est présenté tous les 3 ans avant chaque Forum Mondial de l'eau dont le dernier a eu lieu du 16 au 22 mars 2009 à Istanbul.
objectif Ô et d'autres organisations ont interpellé les autorités belges à ce sujet. Téléchargez ici la lettre ouverte.
| |
|